Douleur apres augmentation mammaire sous le muscle : à quoi dois-je m’attendre ?

 Lors d’une augmentation mammaire, les prothèses mammaires  peuvent être placées à différentes profondeurs ou, comme disent les chirurgiens esthétiques dans différents « plans ». Chaque cas d’augmentation mammaire nécessite une technique propre à la patiente. Il existe trois types de plans possibles, nous les décrivons dans cet article ! 

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Anatomie du sein

Tout d’abord il est important de comprendre l’anatomie d’un sein, par ordre, voici de l’extérieur à l’intérieur les différentes couches que l’on peut trouver :

  • Peau
  • Gras : sous la peau, il y a du tissu cellulaire sous-cutané, composé principalement de graisse. L’épaisseur de cette couche dépend du poids de la patiente, plus la patiente sera mince et plus cette couche sera fine.
  • Glande mammaire : la glande mammaire est un organe utilisé pour produire du lait lors de l’allaitement. Par conséquent, les techniques qui ne touchent pas cette glande et ne la coupent pas seront toujours plus bénéfiques si vous souhaitez allaiter.
  • Fascia majeur du muscle pectoral : un fascia est un recouvrement d’un muscle. Il ressemble à une fine couche d’oignon transparente qui recouvre le muscle.
  • Muscle grand pectoral : c’est un muscle important que l’on peut toucher dans l’aisselle et qui agit en rapprochant le bras du corps et en tournant l’épaule vers l’intérieur.
  • Paroi thoracique : les côtes.

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Les différentes possibilités de placement : rétro-glandulaire, rétro-musculaire, sous le fascia musculaire ou dual plane.

Selon la profondeur à laquelle les implants sont positionnés, on parle de :

  • Rétro-glandulaire : sous la glande et au-dessus du muscle.
  • Sous le fascia musculaire  : sous le fascia (qui est une fine couche d' »oignon » qui recouvre le muscle pectoral). Il est très similaire au positionnement sous-glandulaire.
  • Rétro-musculaire : la prothèse est placée sous le muscle pectoral majeur, donc dans un plan plus profond.
  • Dual plane : il s’agit d’une combinaison entre rétro-musculaire et rétro-glandulaire, c’est un emplacement hybride ou mixte. Une partie de la prothèse mammaire est positionnée derrière le muscle tandis que l’autre partie est positionnée derrière la glande mammaire.

Le lieu de pose de la prothèse mammaire est important, car il dépendra de la visibilité plus ou moins grande de l’implant, sa forme, le risque de complications, etc…

Prothèses rétro-glandulaires (au-dessus du muscle)

Jusqu’aux années 1990, c’était la position la plus fréquente pour poser des implants, par la suite c’est l’utilisation du plan rétro-musculaire (sous le muscle) qui est devenue de plus en plus populaire. Cependant, les prothèses positionnées au-dessus du muscle sont encore recommandées dans certains cas, et certains chirurgiens esthétiques continuent à utiliser cette technique régulièrement.

Avantages :

  • Évite que la poitrine s’affaisse : l’implant est en contact direct avec la glande, ce qui exerce une plus grande pression. L’implant pousse donc la glande et permettrait un meilleur soutien du sein.
  • Stabilité de l’implant lors de la contraction du muscle : comme il est au-dessus du muscle, même si la contraction pectorale se produit, la poitrine restera en place et rien ne bougera.
  • Moins de douleur postopératoire : les patientes opérées sur le muscle rapportent moins de douleur. C’est logique, car l’implant est placé dans un endroit avec moins de terminaisons nerveuses. Cet avantage, cependant, n’est valable que pour les 4-7 premiers jours dans la plupart des cas et, par conséquent, à long terme, a peu ou pas d’importance pour le choix.

Inconvénients :

  • Plus grande visibilité de l’implant : l’implant étant positionné au plus près de la peau, surtout chez les patients très minces, il est fréquent de voir le début de la prothèse. Chez les patientes qui sont moins minces ou qui ont plus de seins, ce n’est généralement pas le cas.
  • Taux de rejet plus élevé notamment à cause des contractures capsulaires : bien qu’il s’agisse d’un sujet controversé, les données indiquent que le risque de rejet à long terme des implants placés au-dessus du muscle est probablement plus élevé qu’en dessous, en particulier pour les implants lisses ou mal texturés.
  • Risque de saignements plus élevé : bien que le risque soit faible, il semble plus fréquent d’avoir des saignements dans les premiers jours, que dans le cas du plan rétro-musculaire (sous le muscle).
  • Plus grand risque d’ondulations : l’ondulation est une déformation visible qui se traduit par des plis dans la prothèse, en particulier dans le clivage. Puisqu’il n’est pas recouvert par les muscles, le risque de voir ces plis est plus grand.

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Prothèse rétro-musculaire (sous le muscle)

Le plan rétro-musculaire (sous le muscle) est le plus utilisé aujourd’hui. Environ 80 % des femmes qui réalisent cette opération de chirurgie mammaire, optent pour cette technique. Le muscle pectoral recouvre l’implant, rendant les prothèses plus protégées.

Avantages :

  • L’implant est moins visible : la prothèse est placée plus profondément, donc moins visible et moins perceptible au toucher, ce qui contribue à un aspect plus naturel, surtout chez les femmes minces.
  • Clivage progressif et plus naturel : l’implant ne provoque pas d’entaille ou d’apparition brusque, puisque le muscle pectoral, agit en produisant un effet de tente.
  • Risque de rejet plus faible notamment avec les contractures capsulaires : c’est le placement avec le taux de rejet le plus faible.
  • Diminution du risque de saignements postopératoires.

Inconvénients :

  • Douleurs postopératoires plus importantes : pas toujours, mais chez certaines patientes, le plan sous-musculaire est plus douloureux. Dans tous les cas, avec le temps dans la plupart des cas, la douleur disparaît.
  • Mobilité de l’implant : lorsque les pectoraux sont contractés, les implants montent légèrement et redescendent. C’est un effet normal, ce qui est curieux pour beaucoup de femmes, mais qui n’a pas d’autres problèmes à long terme.
  • Pour les femmes sportives qui pratiquent beaucoup de culturisme ou des sports très intensifs avec le haut du corps (grimpeurs, lutteurs, etc…), ce choix de position peut causer des problèmes ou une perte de force. Dans ces cas, l’utilisation du plan rétro-glandulaire peut être envisagé. La plupart des patientes qui pratiquent un sport modéré (course à pied, aérobic, gym, etc…) n’ont aucune contre-indication à choisir cette technique.

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Prothèses mammaires sous le fascia

Dans une tentative de combiner les avantages d’un plan et d’un autre, il a été développé la possibilité de placer la prothèse sous la mince couche qui recouvre le muscle pectoral (et non sous le muscle entier). Cependant, toutes les études sérieuses qui ont été menées depuis lors indiquent que le comportement de la prothèse est très similaire à celui des prothèses placées au-dessus du muscle pectoral. De ce fait, fournissant très peu ou aucun résultat différenciant, cette nouvelle technique avec cette mince couche appelée fascia, initialement très prometteuse, est tombée largement hors d’usage pour la plupart des chirurgiens plastiques.

Le plan Dual plane : la technique qui combine toutes les approches

Comme nous l’avons vu, chaque placement a ses avantages et ses inconvénients, et bien que le plan rétro-musculaire semble clairement le meilleur pour la plupart des patientes, il a le principal inconvénient qu’il ne redresse pas la poitrine. Pour cela, une nouvelle technique a été mise au point : Dual plane. Elle consiste à couper le muscle de façon à le repositionner plus haut et à ne couvrir qu’une partie de l’implant. Selon le degré d’effet que l’on veut obtenir sur la poitrine, on peut plus ou moins soulever le muscle. Cela signifie que cette technique comprend les avantages des deux techniques : les techniques rétro-musculaire et rétro-glandulaires.

Et pourquoi dual ?

Il est à noter que tous les implants sont placés sans exception derrière la glande mammaire. Dans certains cas, ils peuvent être placés immédiatement devant le muscle pectoral majeur (plan rétro-glandulaire), dans d’autres, totalement derrière ce muscle (plan rétro-musculaire total) ou, dans le cas du double plan, derrière le muscle pectoral majeur et la glande mammaire en même temps, ce qui en fait un plan sous-musculaire partiel.

En effet, avec cette technique, la moitié supérieure de l’implant sera recouverte par le muscle, et l’autre moitié quant à elle sera recouverte seulement par le tissu glandulaire. C’est une technique qui améliore le résultat esthétique en procurant un volume supplémentaire de couverture dans la partie supérieure du sein, rendant la présence de l’implant moins visible.

  • Elle permet un bon remplissage de la partie inférieure de la poitrine, en améliorant sa forme.
  • Elle peut être appliquée sur une grande majorité de femmes grâce à sa polyvalence.
  • Elle permet de raccourcir le temps opératoire, ce qui améliore la qualité postopératoire.
  • Elle peut être utilisée avec tout type d’implants, ronds ou anatomiques, lisses ou texturés.
  • Elle empêche l’apparition de plis visibles (ondulations) dans la zone du décolleté.
  • Parce qu’elle permet une meilleure visualisation de la glande mammaire en mammographie.
  • Parce qu’elle présente une incidence de contractures capsulaires inférieure à celle de la technique sous-glandulaire.

De nos jours, ce plan est considéré comme la technique idéale pour la plupart des augmentations mammaires.

Pour conclure :

Cette chirurgie esthétique d’augmentation mammaire peut causer un certain inconfort, mais généralement cet inconfort est supportable et disparaît après le 4e et le 7e jour. Lors de l’opération aucune douleur ne sera ressentie grâce a l’anesthésie générale. Chez certaines patientes, l’inconfort peut être un peu plus intense, en général ce sera chez les femmes qui ont moins de laxité cutanée ou chez des patientes qui ont choisi une grande taille d’implants. La sensation de brûlure et l’hypersensibilité peut prendre des mois à disparaître, le seul traitement est d’avoir de la patience et d’attendre. Le plan sous-pectoral génère plus d’inconfort que le sous-glandulaire (au-dessus du muscle). N’hésitez pas à demander a votre chirurgien plasticien plus d’informations !
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